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Au mois de mai, Trump fait ce qui lui plaît

Englué dans des problématiques de politique interne, mais rassuré par la vigueur de l’économie américaine, Donald Trump, cherche à faire diversion. Et c’est la négociation commerciale sino-américaine qui en fait les frais.
Il est toujours très riche en enseignements de suivre les tweets du locataire de la Maison Blanche. Pas moins de 14 tweets ces dernières 24 heures ont été consacrés à la pression mise par les élus démocrates pour faire témoigner le procureur spécial Mueller ou au moins, pour obtenir la version intégrale du rapport d’enquête qui semblait pourtant, en première analyse, disculper Donald Trump de l’accusation de collusion avec la Russie. 
Cette succession de tweets laisse transparaître la tension du président américain qui craint que les soupçons d’entraves à la justice ne viennent perturber sa campagne de réélection l’année prochaine. La solution est donc, comme souvent en politique, d’allumer un contre feu ; et encore une fois c’est la Chine qui se voit endosser le mauvais rôle. Ainsi, Donald Trump accuse Pékin de jouer la montre, en souhaitant l’élection en 2020 d’un candidat démocrate, par exemple « sleepy Joe (Biden) ou crazy Bernie (Sanders) » accusés par avance de vouloir être complaisant avec la Chine.
Difficile de dire réellement sur quels éléments les négociations butent actuellement. La suppression des droits de douane et du montant des importations chinoises de biens américains sont souvent cités comme des points bloquants, mais le fond du sujet est ailleurs. Comment la Chine, qui a basé son modèle de développement économique sur le dirigisme étatique et l’assimilation des technologies étrangères va pouvoir, quasiment du jour au lendemain, adopter des une organisation économique plus en adéquation avec les normes promues par l’OMC. Ce virage est d’autant plus difficile à réaliser que les Etats-Unis, loin de montrer l’exemple, ont plutôt tendance à fermer leur marché comme l’illustre le dernier exemple en date, le veto mis par le régulateur des télécoms américain (FCC) à l’entrée sur le marché de l’opérateur China Mobile.
Sur les marchés, en tout cas, les atermoiements sino-américains ont fait des dégâts. D’abord limitées, les baisses se sont amplifiées dans la semaine, à mesure que la visibilité sur un accord à brève échéance semblait s’éloigner. Et comme l’année dernière, ce sont les marchés actions hors Etats-Unis qui ont souffert le plus (ce qui n’est pas pour déplaire à Donald Trump). Les actions émergentes ont ainsi chuté de -4.56%, suivi des actions japonaises (-4.23%) et européennes (-4.04%). Le S&P 500 résiste ainsi mieux en ne baissant que de -2.18%. La visibilité du marché est donc réduite. Les négociateurs se sont séparés vendredi sans accord et aucune date n’a été fixée pour la suite des discussions. La perspective d’une rencontre entre les deux leaders américain et chinois en marge du sommet du G20 à Osaka, les 28 et 29 juin, semble encore une perspective lointaine pour les investisseurs. Le scénario d’une reprise cyclique motivée par un accord commercial d’envergure semble donc avoir pris du plomb dans l’aile justifiant une poursuite du positionnement tactique neutre.