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Brexit or not Brexit ?

Et bien il faudra encore attendre pour connaître le dénouement de cette comédie britannique qu’est le Brexit. Et encore, rien n’assure que le feuilleton se termine d’ici le 31 octobre. En effet, l’amendement Letwin a encore complexifié le problème en fixant comme préalable à l’accord sur le Brexit l’adoption des lois d’application nécessaires. C’est un peu le serpent qui se mord la queue, même si on peut comprendre que l’intention du député conservateur Oliver Letwin était d’éviter un « Brexit par accident » en cas d’impossibilité matérielle de voter tout l’arsenal législatif avant la date butoir du 31 octobre. Qu’à cela ne tienne, Boris Johnson semble vouloir prendre les députés à leur propre jeu et les invite à un marathon législatif jusqu’au 31 octobre. L’incertitude est donc forte car, sur le fond, il est encore difficile de dire si l’accord arraché la semaine dernière entre l’UE et le gouvernement britannique trouvera une majorité du côté de Westminster, tant les jeux politiques de l’autre côté de la Manche brouillent toute prévision.

De prévisions, il en a été question à Washington, la semaine dernière, avec la traditionnelle révision automnale de la prévision de croissance mondiale du FMI. Le Fonds Monétaire International n’anticipe plus qu’une croissance du PIB de 3% pour la planète en 2019 (-0.2 point par rapport à la prévision de juillet), soit le niveau le plus faible depuis 2009. Il semblerait même qu’en l’absence des stimulus monétaires, la croissance mondiale aurait été plus faible de 0,5 point de PIB selon les prévisions du FMI pour 2019 et 2020… Avec une croissance de la population mondiale qui a ralenti, mais qui est toujours supérieure à 1% par an, le niveau de 3% est une limite basse pour permettre la poursuite de la baisse du taux de pauvreté dans le monde, d’où l’inquiétude de l’économiste en chef du FMI, Gita Gopinath, qui a insisté sur le fait qu’à ce niveau de croissance « il n’y a pas de place pour les erreurs politiques ».

En zoomant, on se rend toutefois compte que le FMI est davantage optimiste pour 2020 et les années suivantes, avec une reprise attendue de la croissance à 3.4% en 2020. Une fois n’est pas coutume, cette reprise de la croissance devrait provenir de la zone euro (1.4% en 2020 contre 1.2% cette année), ainsi que de quelques pays émergents hors Chine, comme le Brésil (2% contre 0.9% en 2019) ou l’Inde (7% contre 6.1% en 2019). Côté américain, en revanche, les prévisions sont moroses avec une croissance des Etats-Unis attendue à 2.1% en 2020 contre 2.4% cette année.

Du côté des marchés, les investisseurs semblent avoir mis de côté les inquiétudes sur la croissance et sont pour l’instant sur un petit nuage depuis que les négociations sino-américaines sur le commerce semblent avoir pris un tour plus positif. Même le énième rebondissement sur le Brexit ne fait pas bouger les marchés ce matin à l’ouverture. A noter, la remontée significative des taux longs en zone euro qui se confirme de semaine en semaine (à -0.35% pour le 10 ans allemand contre -0.70% au plus bas début septembre), mais semble moins refléter une hausse des anticipations de croissance à venir qu’un développement des doutes sur la pérennité de la politique de taux négatifs.