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Dont' fight the central Banks ! et le reste...

On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif… Dans ce cas, forçons-le alors ! Les plans de soutien, qui continuent d’être renforcés jour après jour, favorisent la recovery presque insolente des marchés financiers qui finissent le mois en mode « risk-on » faisant fi de la macroéconomie, des tensions géopolitiques et de l’augmentation du risque idiosyncratique. Effet « TINA », effet « FOMO », application du vieil adage « Don’t fight the FED ! », peu importent finalement les raisons ou ressorts psychologiques qui poussent les investisseurs à acheter le marché. La tendance semble bien soutenue.

Alors que la BCE doit tenir son meeting cette semaine et devrait très probablement annoncer une augmentation de son programme d’urgence de rachat d’actifs (ne serait-ce que pour le faire tenir jusqu’à la fin de l’année), la Commission européenne a présenté sa proposition de plan de relance et son budget pour la période 2021-2027, qui doivent maintenant être validés par les 27. Le budget pour la période s’établit ainsi à 1.1 milliard d’euros environ, quasiment stable en montant par rapport à la période précédente (2014–2020), mais qui prenait alors en compte la contribution du Royaume-Uni. En pourcentage du revenu national brut (RNB), le budget progresse légèrement de 1.03% à 1.11% mais reste en deçà de la proposition du Parlement européen à 1.3%. Ceci étant rappelé, ce qui a porté les marchés, c’est naturellement la proposition, se fondant sur l’initiative du couple franco-allemand, d’une émission de dette par la Commission européenne (éligible au programme de rachat de la BCE) de 750 milliards d’euros, en plus du budget pluriannuel. Sur cette somme, 500 milliards d’euros seraient utilisés sous forme de subventions aux régions et secteurs économiques les plus touchés et les 250 milliards restants seraient utilisés sous forme de prêts classiques. Cette dette devrait être remboursée par une augmentation des ressources propres à l’Europe (i.e hors contribution des Etats membres), actuellement de moins de 20% du budget et limitées à 1,2% du RNB (mais la Commission a proposé d’augmenter ce plafond à 2%), et donc probablement par l’instauration de nouvelle(s) taxe(s)… Si les négociations risquent d’être difficiles et la répartition entre subventions et prêts sûrement modifiée, l’idée d’une dette mutualisée se fait de plus en plus présente et c’est naturellement une avancée majeure dans le long chemin de la construction européenne, qui se bâtit généralement lors des crises.

En plus du soutien monétaire colossal des banques centrales, les mesures de relance seront donc bien, au niveau mondial, aussi budgétaires. Pour le FMI, qui comptabilise les différents plans annoncés par les Etats du G20, en un mois le montant des mesures budgétaires a augmenté de 1 000 milliards de dollars pour s’établir à 9 000 milliards de dollars soit 12,8 points de PIB (+1.4 points de PIB en un mois). La balance mesures de soutien versus facteurs de risque s’est donc clairement équilibrée pour le mois à venir : les mesures de soutien vont continuer d’être annoncées à la hausse et la réouverture des économies favorise une amélioration des chiffres macroéconomiques d’un mois à l’autre en attendant les chiffres sur le T2 qui seront publiés dans l’été.