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La politique budgétaire à la rescousse

Les marchés c’est un peu comme les séries télé avec des personnages principaux qui arrivent et repartent, des coups de théâtre, et surtout des intrigues qu’il convient parfois de réanimer. Après avoir usé jusqu’à la corde le scénario du conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis qui menaçait de lasser tous les observateurs, les marchés en mettant la pression sur les politiques monétaires ont contribué à initier un nouveau thème avec le come-back des héros de 2008 et 2012, les banques centrales. Comme dans les films de super-héros, l’arrivée des sauveurs monétaires a permis de retourner la situation et les marchés sont repartis à la hausse, avec pour l’illustrer, le MSCI Action Monde revenant proche de son plus haut niveau historique de 2018.

A l’orée de la dernière ligne droite avant la fin de l’année, les scénaristes collectifs que sont les marchés nous ont donc concocté une nouvelle histoire dans la lignée de la précédente. Rappel des faits : après avoir, dans un premier temps, assisté en spectatrices aux prémisses de la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis en 2018, les banques centrales sont intervenues en 2019 pour abaisser encore le coût de l’argent ce qui a permis aux valorisations actions de se reprendre. Cependant, l’impact positif de la politique monétaire, avec le temps et le niveau des taux absolus déjà bas, devient moins évident et surtout suscite beaucoup de questions sur les impacts négatifs à long terme d’une politique de taux zéro voire négatifs. Par ailleurs, et d’un point de vue marché, la baisse du taux sans risque s’est traduite par une revalorisation historique des actions de croissance (dont la visibilité des revenus permet une valorisation par la méthode de l’actualisation des cash-flow futurs, approche qui bénéficie d’un taux d’actualisation toujours plus bas). En revanche, les valeurs cycliques dont l’activité, par nature, dépend du cycle économique, n’ont pas bénéficié de cet afflux monétaire. Pire, les banques européennes, acteurs cycliques par nature, ont subi la double peine en se voyant taxer toujours davantage par la BCE via la baisse du taux de dépôts (-0.50%).

Les choses semblent cependant être en train de changer. Depuis début septembre, les actions cycliques surperforment les valeurs de croissance de plus de quatre points. Les banques font encore mieux. Depuis la fin août, l’indice des actions bancaires progresse de 11% contre + 4% pour l’Euro Stoxx 50. Les investisseurs prennent progressivement conscience que la politique monétaire ne pourra pas tout régler par elle-même et c’est donc une deuxième phase qui s’ouvre, celle de l’appel à plus de relance budgétaire. Ainsi, dans un exercice de contorsionniste, Mario Draghi lors de son intervention du 12 septembre a invité les gouvernements à relire le pacte de stabilité de la zone euro pour y trouver matière à justifier une politique de relance. Et les Etats ne se font pas prier… En France, notamment, le gouvernement, qui doit présenter son projet de budget 2020 ce mercredi, devrait présenter un budget en déficit de 2.1%, voire 2.2% soit loin des engagements de campagne du président français.