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La saga sans fin

Le Brexit (quelle saga !) continue de tenir en haleine les marchés même si la probabilité d’une sortie désordonnée du Royaume-Unis est maintenant relativement faible. Il n’en demeure pas moins que la situation est digne des meilleures séries et frôle parfois le ridicule. Seule certitude, le Brexit n’aura pas lieu le 31 octobre. En effet, suite à la demande forcée de Boris Johnson, les 27 ont acté le principe d’un nouveau report mais n’ont pas réussi la semaine dernière à se mettre d’accord sur une nouvelle date, Paris faisant de la résistance en voulant mettre la pression sur Londres avec un timing serré. On s’achemine néanmoins ce matin vers un report au 31 janvier soutenu par une large majorité d’Etats (la France ayant donné ce matin son accord pour cette date) avec une possibilité de sortie anticipée si un accord devait être trouvé avant.

Côté britannique, la situation est encore plus confuse et il est dur de s’y retrouver dans les différents scénarios. Si « Bojo » a en effet remporté une première victoire à la Chambre des Communes qui a validé le principe de son accord de retrait, elle a aussitôt rejeté le calendrier accéléré imposé. En clair, les députés veulent se donner du temps pour possiblement amender l’accord… ce qui remettrait au final en cause son adoption… L’étude du texte a donc été mise en pause en attendant la réponse officielle de Bruxelles. Un report au 31 janvier permettrait la tenue d’élections anticipées au Royaume-Uni voulues par le gouvernement au 12 décembre en échange de plus de temps pour examiner son accord, mais là encore la partie n’est pas simple, rien ne dit que le Premier Ministre obtienne l’accord du Parlement, qui lui a déjà refusé par deux fois l’organisation d’élections anticipées, tant les jeux politiques sont complexes, notamment pour l’opposition, entre redonner la parole au peuple britannique et prendre le risque de perdre les élections. En cas de rejet, Boris Johnson ne compte pas réactiver l’examen de l’accord… la tragi-comédie est donc partie pour durer.

Tous ces atermoiements sur le Brexit ont éclipsé les adieux de Mario Draghi pour sa dernière à la tête de la BCE. Aucune surprise après la salve de mesures accommodantes annoncées en septembre, Mario Draghi s’est en effet attaché à défendre son bilan à la tête de la BCE, face aux critiques de plus en plus présentes sur les effets pervers d’une politique monétaire trop accommodante, en réaffirmant que la dégradation de l’économie (encore illustrée par les indicateurs d’activité pour octobre parus mercredi) justifiait de telles mesures. L’assouplissement monétaire au niveau mondial devrait en tout cas se poursuivre avec la Fed, qui pourrait encore réduire mercredi ses taux directeurs, et la BoJ qui devrait annoncer jeudi de nouvelles mesures d'assouplissement.

Enfin, Washington et Pékin ont fait état ce week-end de progrès dans leurs discussions commerciales et ravivent donc la possibilité d'un accord, même partiel, entre les deux premières économies mondiales dans les mois à venir. La finalisation de la « phase 1 » d’un accord entre les deux géants semble en bonne voie. S’il faut aussi ici prendre avec prudence les épisodes d’espoir dans cette autre saga que constitue la guerre commerciale sino-américaine, la bonne entente affichée entre Pékin et l’administration Trump ces derniers jours devrait rassurer_ jusqu'au prochain épisode_ les acteurs sur les marchés financiers et pas simplement les négociants en volaille (la Chine ayant annoncé une levée de son embargo sur les volailles américaines et les Etats-Unis ayant annoncé des importations de volaille chinoise cuite…).