Thumbnail
 

Nos actualités

Retrouvez l’actualité de Salamandre AM

Suivez notre actualité

La trêve

Une trêve. Les Etats-Unis et la Chine se sont donc mis d’accord sur une trêve à l’issue du sommet du G20 organisé à Buenos Aires. Soucieux de calmer le jeu et d’assurer une fin d’année positive pour les marchés actions américains, Donald Trump a consenti à suspendre jusqu’au 1er mars l’application de droits de douane de 25% sur 200 milliards de produits chinois importés aux Etats-Unis. Cette période qui s’ouvre, de 90 jours, doit permettre, selon Donald Trump, de négocier « un des plus grands accords jamais conclu » Ce « cessez le feu » ne règle aucun problème de fond mais permet à chaque parti (et aux investisseurs) de souffler avant les grands manœuvres de l’année prochaine.

Quant à la suite des événements, elle va dépendre de la préférence pour le présent du président américain. L’objectif de Donald Trump, de ralentir la montée en puissance du géant asiatique, pour maintenir le leadership américain est un objectif de long terme qui se traduira, à court terme et inévitablement par un coût économique pour les Etats-Unis. Au-delà de la faiblesse de Wall Street depuis octobre, la contestation se développe dans les Etats du Midwest américain, notamment chez les agriculteurs qui craignent de voir leurs exportations vers le marché chinois ralentir. La défaite des républicains, lors des midterms, dans les 3 Etats (Michigan, Wisconsin, Pennsylvanie) qui avaient permis de faire pencher la balance en faveur de Donald Trump en 2016 est venue confirmer le danger pour le président américain à deux ans de la prochaine élection présidentielle.

En attendant, les marchés peuvent souffler ce matin en ouverture et l’on peut espérer un dernier mois de l’année qui vienne quelque peu atténuer la sinistrose actuelle des investisseurs.  Parmi les facteurs de soutien récent, on note le changement de ton du président de la FED qui, mercredi dernier, a décrit le niveau des taux d’intérêt comme juste en dessous du niveau neutre. Cette petite phrase, en apparence anodine, est en total opposition avec la déclaration du même président de la FED, début octobre où celui-ci décrivait les taux comme encore très éloignés du niveau neutre. Preuve, s’il en était besoin, du changement d’atmosphère qu’a déclenché la correction de Wall Street sur la période.

Pour autant, rien n’est encore joué pour décembre, en tous cas pour les investisseurs européens. Même si on s’achemine gentiment vers une sorte de reniement des promesses de campagne en Italie sous la pression de Bruxelles, le manque de crédibilité de l’exécutif italien continuera à peser sur les rendements obligataires de la péninsule. La grande affaire de décembre, reste le vote par le Parlement britannique, le 11 décembre, sur le « traité de retrait » et le risque de saut dans l’inconnu en cas d’échec.