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Le Brexit joue la montre

La mini consolidation des marchés européens du mois de mars (-4.10%) n’a pas fait long feu. A l’origine du mouvement, la publication des enquêtes PMI de la zone euro pour mars qui, reprenant contre toute attente le chemin de la baisse, avait laissé craindre une accentuation du ralentissement.

Depuis, même si le secteur industriel de la zone euro continue à inquiéter et ce particulièrement en Allemagne, les publications économiques qui ont suivi ont atténué les craintes, notamment grâce à la vigueur de la consommation qui devrait permettre de maintenir la croissance économique à flot cette année. Ainsi, les ventes au détail en zone euro ont progressé de 2.8% en rythme annuel en février, le niveau le plus élevé de cet indicateur depuis novembre 2017. En Allemagne particulièrement, les ventes au détail progressent de +4.7% sur un an. La raison de la vitalité de la consommation tient à la baisse continue du chômage dans la zone (7.8% en février, en baisse de 0.6 point en un an et à son plus bas niveau depuis plus de 10 ans). La progression des salaires qui est une conséquence de la baisse du chômage (+2.3% en décembre sur un an) participe également à la dynamique de la consommation. Ainsi, nous constatons sous nos yeux le redémarrage des moteurs internes de croissance de la zone euro qui parviennent aujourd’hui à contrebalancer le ralentissement des échanges mondiaux qui pèse sur l’industrie européenne et notamment allemande.

Les facteurs politiques ne sont cependant pas à négliger pour expliquer le retour de la progression des indices actions. Si l’on met provisoirement de côté le sujet des négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis dont peu de nouvelles informations circulent mais dont Donald Trump semble pour le moment satisfait (et c’est d’ailleurs ce qui importe pour les marchés), les investisseurs semblent soulagés par l’éloignement de la perspective d’un hard Brexit. En effet, malgré les déclarations du Conseil européen du 21 mars dernier, il semble que les européens s’acheminent vers un accord pour repousser la date de sortie à la suite de la demande formulée par Theresa May, vendredi dernier. La discussion porte désormais sur l’étendue de la période d’extension (jusqu’au 30 juin pour la première ministre britannique, 12 mois pour Donald Tusk).

Quoiqu’il en soit les marchés sont repartis de l’avant. L’Euro Stoxx 50 affiche 6 séances de progression consécutives (+2.86% sur la semaine). Même dynamique aux Etats-Unis avec une progression sur la semaine de +2.06% pour le S&P 500, soutenu par le rapport sur l’emploi publié vendredi qui montre que l’économie américaine a renoué en mars avec sa dynamique de création d’emplois de 2018 (+196K) après le trou d’air de février (révisé à +33K).

Nous pensons que les marchés devraient entamer une pause à partir des niveaux actuels dans l’attente des résultats des discussions sino-américaines ainsi que de l’ouverture de la saison des résultats des entreprises du premier trimestre. De plus, le FMI qui s’apprête, cette semaine, à revoir, à nouveau, à la baisse ses perspectives de croissance mondiale, risque de peser ponctuellement sur le moral des investisseurs.