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Le coronavirus se rappelle au bon souvenir des marchés

Simple prétexte à la prise de bénéfices après un retracement record depuis les points bas de mars ou réelle prise de conscience, les marchés financiers ont en tout cas fortement corrigé (et la tendance semble se confirmer ce matin) après les déclarations de Jerome Powell faisant suite à la réunion du FOMC. Pourtant, à y regarder de plus près, rien de bien nouveau dans les déclarations du président de la Fed. Mais dans un marché drogué aux liquidités, le statu quo ne suffit pas. Il en faut toujours plus au risque de décevoir. Pourtant, les prévisions de croissance de la FED, pour les deux prochaines années, sont même légèrement plus positives que certains organismes économiques. La banque centrale américaine prévoit ainsi une récession de -6.5% aux Etats-Unis pour cette année avant une reprise de +5% en 2021 (contre par exemple -7.3% et +4.1% pour l’OCDE ou -6.1% et +4.0% pour la Banque Mondiale). Ces scénarios viennent, en tout cas, confirmer que la reprise économique sera longue (et certainement pas en « V » contrairement à ce que semblait dessiner Wall Street), obligeant la FED à rester proactive, avec le maintien de taux bas et des conditions de financement favorables, au moins jusqu’en 2022. Ces prévisions restent par ailleurs des scénarios optimistes ou médians, les différentes études envisageant des économies plus durement touchées en cas de deuxième vague. Ces mises en garde (de l’OCDE et de la FED notamment) ont terriblement rappelé aux marchés financiers que la page coronavirus n’était pas encore tournée. La résurgence de nouveaux cas en Chine et la situation qui peine à s’améliorer dans les Etats du sud des Etats-Unis, qui ont accéléré leur déconfinement avant que la situation ne soit totalement sous contrôle, ont donc rappelé la triste réalité aux investisseurs. Il est d’ailleurs intéressant de noter, qu’au niveau mondial, la première vague n’est pas encore finie et que le nombre de nouveaux cas quotidiens continue d’augmenter.

Cette correction est un rappel à l’ordre pour les marchés financiers tant les incertitudes restent nombreuses (situation réelle de l’économie, élection présidentielle américaine, Brexit, tensions sino-américaines… sans parler de l’hypothétique deuxième vague ou de la découverte d’un vaccin dont personne ne sait finalement rien). Preuve de l’exubérance des marchés sur le début du mois, la situation ubuesque sur le loueur de voitures américain Hertz. Le groupe, qui a mis ses activités américaines et canadiennes sous protection du Chapter 11, a vu son cours de bourse s’envoler (comme d’autres entreprises déclarées en faillite), passant d’un plus bas de 0.4$ le 26 mai à plus de 6$ le 8 juin.  Le groupe, cherchant à tirer parti de cette envolée, a réussi à faire valider par le tribunal une augmentation de capital d’un milliard de dollars… Avis aux téméraires !