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L'enfer, c'est les autres

Finalement, pourquoi se gênerait-il (i.e. Trump) ? a-t-on envie de soupirer à la lecture des nouvelles prévisions du FMI présentées lundi dernier.

L’institution maintient sa prévision de croissance mondiale pour 2018 à 3.9% avec toutefois une légère baisse pour les économies développées (2.4%, -0.1 point) principalement liée à la réduction de la prévision pour le Japon (1%, -0.2 point) et pour la zone euro (2.2 %, -0.2 point). Les Etats-Unis, eux, voient leur prévision de croissance pour 2018 et 2019 demeurer stable à respectivement, 2.9% et 2.7%. Il est donc temps de continuer à fanfaronner pour Donald Trump qui, à longueur de tweets ou d’interviews, nous rappelle que l’économie américaine n’a jamais été aussi prospère. Et, il est vrai qu’on ne peut que lui donner raison en constatant que l’économie américaine vient de rentrer, avec une vigueur renouvelée, dans sa 9ème année de croissance (le cycle expansif américain actuel a débuté en juillet 2009), ce qui constitue le deuxième cycle de croissance économique le plus long après celui de 1991 – 2001 (120 mois).

Même si la patronne du FMI, Christine Lagarde, a alerté sur les risques que faisait peser sur la croissance mondiale la perspective d’une guerre commerciale, le président américain n’en a cure et a rappelé jeudi, dans une interview à CNBC, que ses actions étaient « justes » vis-à-vis de pays ayant trop longtemps profité de l’Amérique. D’ailleurs, Donald Trump a désormais élargi le front de ses attaques au marché des changes, en attaquant la Chine et la zone euro accusées de manipuler leur monnaie. Cette attaque a eu pour effet de faire remonter violemment l’euro contre le dollar, les investisseurs craignant que le président américain ne fasse du niveau du dollar son prochain cheval de bataille.

Les nouvelles menaces américaines sur le commerce et le change n’ont ainsi pas permis aux marchés de maintenir leur bonne dynamique du début de semaine, l’Euro Stoxx 50 finissant la semaine stable (+0.16%).

Ainsi, pour Donald Trump, le reste du monde profite des Etats-Unis et de la faiblesse des précédentes administrations américaines pour accumuler des excédents commerciaux toujours plus importants. La zone euro est notamment visée. Pour Donald Trump, elle profite du parapluie de défense américain sans le payer, accumule des excédents commerciaux en dressant des barrières douanières, laisse filer sa monnaie. Bref, c’est la faute de l’Europe et elle n’a que ce qu’elle mérite.

Ce tableau un peu trop simpliste mérite d’être nuancé. Ainsi, il serait peut-être bon de rappeler que la zone euro souffre encore des stigmates de la grande crise financière de 2008, déclenchée aux Etats-Unis. Depuis 2006, l’écart de croissance entre les Etats-Unis et la zone euro s’est ainsi creusé de plus de 8 points. L’investissement productif en zone euro peine encore à revenir à son niveau de 2006. Quant au taux de chômage, même si sa trajectoire est baissière, son niveau est encore 1.1 point au-dessus de son niveau d’avant crise avec le maintien d’effrayantes disparités régionales (16% de chômage en Espagne contre 8% avant crise).