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Les actions européennes font de la résistance

Une semaine de respiration pour les marchés avec toutefois une solidité retrouvée pour les marchés européens qui, à nouveau, s’en sortent le mieux parmi les grands marchés mondiaux. La décision de la BCE de maintenir ses taux inchangés jusqu’en 2020 a soutenu les actifs de la zone euro. L’Euro Stoxx 50 consolide ainsi légèrement de -0.86% sur la semaine alors que les replis sont plus prononcés sur les autres marchés. Les actions émergentes baissent de -2.04% et le S&P 500 corrige de -2.16% en alignant 5 séances consécutives négatives, certes toutes inférieures à -1%.

Cependant, depuis le début de l’année, les indices américains restent au niveau des indices européens. Même si l’écart de valorisation entre les deux marchés (4 points de PE) est proche de son plus haut historique il est peu probable que celui-ci se réduise à très court terme du fait, à la fois des incertitudes économiques et des incertitudes politiques qui pèsent sur la zone euro.

Certes, la publication, en progression, du PMI composite de la zone euro pour février (51.9 contre 51 en janvier), qui met fin à une séquence de 6 mois de baisse continue, est une bonne nouvelle, mais en regardant dans le détail on peut s’inquiéter de la poursuite de la baisse du PMI manufacturier (49.3 contre 50.5 en janvier) entrainé dans sa chute par la baisse du PMI manufacturier allemand (47.6) un plus bas depuis 6 ans. Corroborant ces enquêtes, la production industrielle allemande a chuté à nouveau de -0.8% en janvier conduisant à un repli de -3.3% sur un an. Cette baisse souligne la vulnérabilité de l’Allemagne aux tensions commerciales entre les Etats-Unis et leurs principaux partenaires, comme la Chine et l’Union européenne, en raison de l’exposition importante de l’économie allemande aux exportations. Dans ce contexte, l’issue des discussions entre le gouvernement américain et la Commission européenne qui ont lieu sous la menace de mise en place de nouveaux droits de douane sur les exportations automobiles européennes à destination des Etats-Unis représente un enjeu majeur.

Du côté politique, pas un jour ne passe, sans une démonstration du manque de cohésion des gouvernements européens (montée au capital de Air France KLM de la part de l’Etat hollandais, critiques quasi-quotidienne Luigi Di Maio et Matteo Salvini contre Emmanuel Macron). Les élections européennes de mai devraient encore assombrir le tableau en faisant des mouvements populistes un des grands acteurs du prochain parlement européen. Dans ce contexte incertain, il est difficile de demander à des investisseurs américains ou asiatiques, de venir renforcer leurs investissements de portefeuille en Europe, même en mettant en avant la décote des actifs du vieux continent.

Une autre pièce du drame européen va se jouer cette semaine avec l’échéance des votes au parlement britannique concernant le Brexit. Toutes les possibilités sont désormais sur la table, d’un accord à l’arraché à une sortie sans accord, en passant par un report voire une annulation pure et simple du Brexit.

Après être repassé positif en tactique sur les actions mi-janvier, nous repassons neutre sur les actions à court terme. Même si l’environnement global s’améliore pour les marchés et que les investisseurs restent globalement peu investi ce qui limite le risque de correction, le ralentissement du newsflow positif devrait conduire à une consolidation latérale du marché.