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Les marchés en mode « psychose »

Face aux incertitudes liées à la probable pandémie mondiale et aux risques que l’arrêt des chaînes de production et les restrictions de déplacement font peser sur l’économie, gouvernements et banquier centraux essaient de se mettre en ordre de bataille.

En Asie, la BoJ, qui était intervenue en début de semaine dernière en achetant pour 100 milliards de yens d’ETF (830 millions d’euros, du jamais vu depuis qu’elle achète des actions), a remis le couvert ce matin pour environ le même montant. Elle a également annoncé un programme d’achat de 500 milliards de yens d’obligations d’Etats (4.2 milliards d’euros) pour renforcer la liquidité à court terme. La banque centrale de Hong Kong est même allée plus loin en passant le concept d « helicopter money » de la théorie à la pratique. Les résidents de plus de 18 ans recevront ainsi directement de la banque centrale la somme de 10 000 HKD (soit environ 1 150 euros).

Mais c’est naturellement la Fed qui a focalisé l’attention. Alors que la banque centrale américaine s’était dite prête à agir le week-end dernier et que le marché anticipait une baisse des taux pour sa réunion du 18 mars, le Reserve Federal a surpris les marchés en baissant ses taux de 50pbs en dehors d’une réunion de politique monétaire, une première depuis 2008. Les marchés, qui avaient entamé un timide rebond en début de semaine, ont très mal réagi à cette annonce, prise dans l’urgence et à l’unanimité, et faisant finalement penser que la Fed s’attend à un ralentissement massif de l’activité. « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif », « première monetary policy failure », ou pour Larry Summers ancien secrétaire au Trésor US qui considère que « La Fed aurait dû garder sa poudre au sec », les commentaires négatifs sur cette décision se sont ainsi succédés. Cependant, pas sûr que la réaction des investisseurs aurait été plus positive si la Fed était restée passive… Même s’il est évident que les plans de relance annoncés et les baisses de taux ne permettent pas à l’instant T pas de relancer les chaînes de production et encore moins d’arrêter la propagation du virus, elles sont néanmoins nécessaires pour assurer la liquidité des entreprises à court terme.

Pour ne rien arranger à la situation, les pays du groupe « OPEP + » n’ayant pas réussi à se mettre d’accord sur une réduction de la production pour enrayer la baisse des cours du baril, l’Arabie Saoudite a, en conséquence, choisi la politique de la terre brulée en annonçant une augmentation de sa production et une baisse de ses tarifs pour gagner des parts de marché, faisant ainsi plonger les cours du baril (-25% ce matin après -10% vendredi).

Cette phase chahutée des marchés confirme l’intérêt du recours, en complément des actifs traditionnels, aux stratégies de recherche de décorrélation (« Approche 3D »). Elle offre également des points particulièrement intéressants en matière de produits structurés.