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Les marchés peuvent-ils attraper la grippe ?

Alors que les marchés étaient plutôt favorablement orientés en ce début d’année sur fond d’amélioration des données macroéconomiques et baisse des tensions politiques, l’épidémie grandissante de coronavirus qui touche actuellement la Chine commence à inquiéter les investisseurs. La connaissance du virus reste, à ce stade, encore limitée ce qui complique les prévisions sur sa propagation et son impact potentiel sur les marchés. A court terme, il pourrait y avoir un choc sur la production des entreprises chinoises, ce qui impacterait négativement l’activité économique en Chine et limiterait l’ampleur du rebond de croissance attendue pour ce début d’année. La Chine a, en tout cas, pris des mesures drastiques pour contenir la propagation du virus et s’est montrée plus réactive qu’en 2003 lors de l’épidémie de SRAS. Même si le poids de la Chine dans l’économie mondiale était moindre à l’époque, l’impact sur les marchés financiers avait été temporaire et le rebond rapide. Tant que le pic épidémiologique ne serra pas passé, les pressions baissières devraient persister mais les bonnes nouvelles sur le front macroéconomique devraient, selon nous, rapidement reprendre le dessus.

A ce titre, les chiffres publiés vendredi viennent confirmer le scénario d’une amélioration de la conjoncture mondiale. Les indices PMI provisoires pour le mois de janvier au Japon, au Royaume-Uni et en zone euro sont ainsi ressortis en nette amélioration, notamment sur le secteur manufacturier, ce qui montre que la baisse des tensions commerciales sur la fin d’année commence doucement à se propager aux indicateurs d’activité. En zone euro, même s’il reste toujours en phase de contraction, le PMI manufacturier est ressorti à 47.8 contre 46.3 en décembre, grâce au rebond des nouvelles commandes domestiques et extérieures tandis que le secteur des services reste toujours aussi résilient.

La BCE, qui tenait sa réunion de politique monétaire la semaine dernière, a d’ailleurs indiqué que les risques baissiers pour la zone euro avaient diminué tout en maintenant sa politique monétaire inchangée. Mais l’essentiel de la réunion tenait plutôt au lancement de la revue stratégique de la BCE. L’audit, dont les conclusions seront connues en fin d’année, portera avant tout sur l’objectif d’inflation de la banque centrale (définition de la cible d’inflation et instruments pour l’atteindre) et devrait voir s’affronter les faucons (Bundesbank en tête) qui militent pour une bande cible d’inflation ce qui ouvrirait la voie à un resserrement monétaire, aux colombes, partisans d’un maintien de la cible actuelle d’inflation et de la politique monétaire qui l’accompagne. Une revue à la baisse de la cible d’inflation serait en tout cas un désaveu pour la banque centrale après des années de politique monétaire accommodante.