Thumbnail
 

Nos actualités

Retrouvez l’actualité de Salamandre AM

Suivez notre actualité

L’Europe fait de la résistance

Les marchés ont poursuivi leur consolidation horizontale en l’absence de nouveaux développements sur le front des négociations commerciales entre la Chine et les  Etats-Unis.

Les investisseurs peuvent en effet se préparer à attendre. D’une part, les négociations sont effectivement à l’arrêt. Aucune date n’est prévue, à ce jour, pour la reprise des discussions officielles. Le négociateur américain, Robert Lightizer, a bien été invité par la Chine à se rendre à Pékin, mais aucune date n’a été fixée. D’autre part, le président américain se fait actuellement cajoler par le Japon au cours de sa visite officielle dans l’archipel prévue jusqu’à mardi. Entre parties de golf et tournois de Sumo (comme spectateur), l’agenda du président américain était bien rempli ce week-end, et l’heure n’était donc pas aux rodomontades. Ravi de l’accueil qui lui a été réservé, Donald Trump a même déclaré que les négociations avaient bien avancé en renvoyant l’essentiel des discussions après les élections sénatoriales japonaises – signe particulièrement apprécié par les japonais –, prévues en juillet.

L’autre grand sujet politique du moment était donc les élections européennes dont on craignait qu’elles ne tournent au bain de sang pour les partis conservateurs (de gauche et de droite) confrontés à la poussée des partis populistes (de gauche et de droite).

Le nouveau grand clivage entre conservateurs et populistes est désormais une réalité dans le paysage politique européen. Cependant la poussée des mouvements populistes a été contenue avec un total de 211 députés pour l’ensemble des forces d’extrême droite et d’extrême gauche (contre 205 dans le parlement sortant). En soustrayant les nouveaux députés du Royaume-Uni (qui vont bien finir par nous quitter), le nombre de députés eurosceptiques tombera même en dessous de 200. La plus forte poussée électorale provient des écologistes (106 députés contre 68 dans la précédente assemblée) et des centristes et libéraux (106 députés contre 68 précédemment), sous l’impulsion de LREM en France. Ce dernier groupe, qui siègera à part du groupe des sociaux-démocrates et du PPE, sera au cœur des combinaisons politiques à venir avec, en premier lieu, la validation de la nouvelle commission européenne et de son président par le nouveau parlement élu.

Le résultat des élections européennes ne devrait donc pas avoir d’impact direct sur les marchés, les rapports de force n’ayant pas radicalement changé. En revanche, les suites de l’élection pourraient réserver des surprises, notamment dans les pays où les rapports de force ont évolué. Premier cas concret, la Grèce, où Alexis Tsipras, battu, a annoncé des élections législatives anticipées qui devraient conduire le parti de centre-droit « Nouvelle Démocratie » à reprendre le pouvoir. Peut-être plus important, l’Italie, qui menace l’édifice européen du haut de sa dette de 132% du PIB, risque de se retrouver dans une situation politique instable. La Ligue a, en effet, remporté les élections avec 34.3% des voix, inversant complètement le rapport de force avec le M5S qui ne recueille que 17% des suffrages. La perspective d’un éclatement de la coalition gouvernementale avec, à la clef, de nouvelles élections par nature indécises, s’est ainsi renforcée et, avec elle, son lot d’incertitudes.