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L'incertitude se prolonge

Finalement, le mois d’août a été moins éprouvant pour les investisseurs que les premiers jours du mois ne le laissaient craindre après l’annonce début août par Donald Trump d’imposer une taxe de 10% sur les 300 milliards d’importations ne faisant pas encore l’objet de taxes. Loin toutefois d’être zen, les investisseurs semblent malgré tout prendre avec du recul cette bataille de chiffonniers entre américains et chinois tout en continuant à espérer une issue positive. D’ailleurs, malgré les augmentations de droits de douanes de part et d’autre, le contact semble être maintenu entre les deux parties ce qui permet toujours d’espérer un dénouement heureux.

Seulement, le temps passe et l’incertitude commence à sérieusement peser sur les perspectives de croissance par le biais notamment du ralentissement (voire pour certains pays de la récession) du secteur industriel. Ainsi, depuis le début de l’année le consensus de croissance mondiale pour 2019 est tombé à 3.2% (contre 3.5%) en début d’année. Pour la zone euro, la croissance attendue pour 2019 est actuellement de 1.1% (contre 1.6% en début d’année). Les Etats-Unis font de la résistance avec une croissance 2019 qui devrait s’établir à 2.3% (contre 2.6% en début d’année) grâce au maintien d’une bonne dynamique de la consommation interne (70% du PIB). Les dernières publications aux Etats-Unis continuent à montrer une bonne dynamique de la consommation avec, en juillet, une progression de 1% des ventes au détail (plus haut depuis mars 2019). D’ailleurs, ce sont les pays les plus sensibles au cycle industriel et au commerce mondial qui souffrent le plus. Le consensus pour l’Allemagne est ainsi passé d’une croissance 2019 de 1.60% en début d’année à seulement 0.60% actuellement.

A l’heure actuelle, aucun calendrier de sortie de crise n’est perceptible de sorte que l’incertitude continuera à dicter les choix – ou l’absence de choix – des agents économiques ce qui pèsera sur les perspectives de croissance. Les autorités monétaires ont pris conscience, en amont, du problème et, toujours animées par la hantise de ne pas répéter les erreurs du passé, préfèrent prévenir que guérir. Les banques centrales sont ainsi au chevet de l’économie mondiale et tentent de faire passer le message aux investisseurs qu’elles sauront trouver les moyens de stabiliser la situation économique empêchant ainsi la situation de s’aggraver.

Pour le moment, les investisseurs donnent crédit aux banques centrales et maintiennent les valorisations des actifs risqués à un niveau globalement élevé, en tout cas largement supérieur à celui auquel la dynamique économique et les menaces de déstabilisations économiques (guerre commerciale) et politiques (Brexit, Italie, Hong Kong) auraient dû conduire sans le volontarisme affiché des autorités monétaires.

Toutefois, le volontarisme des banques centrales ne saurait suffire à redonner une dynamique positive à la croissance mondiale, d’autant plus que les mesures annoncées (baisse des taux, politique de rachats d’actifs) portent en elles les germes d’une crise de confiance à venir peut-être encore plus importante par le biais de la dévalorisation de la valeur des monnaies. La progression de l’or au mois d’août (+6.72%) et des monnaies électroniques comme le bitcoin (+150% sur l’année) constitue une illustration de cette inquiétude.