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Nous sommes en guerre

« Nous sommes en guerre », tels sont les mots du Président Macron pour appuyer ses décisions de renforcement du confinement. Les superlatifs ne manquent pas également pour décrire la semaine, d’une rare violence, qui vient de s’écouler sur les marchés (qui restent étonnamment ouverts…). Tous les principaux indices boursiers ont subi des pertes historiques avec un retour de la volatilité proche des sommets de 2008. La propagation du virus en Europe, nouveau foyer mondial, et probablement très prochainement aux Etats-Unis fait craindre le pire au niveau sanitaire et économique. Il faut dire que les chaînes d’information qui tournent en boucle sur le sujet et les images de supermarchés dévalisés participent à la psychose ambiante et aux comportements irrationnels. Les autorités n’ont malheureusement d’autre choix (et les Chinois ont en fait la rude expérience avant nous) pour diminuer la vitesse de propagation du virus que de mettre l’économie à l’arrêt. Les mesures de restriction de déplacements se sont ainsi fortement renforcées partout dans le monde. Point de salut (pour les marchés) tant que le pic épidémiologique ne sera pas passé, ce qui relève maintenant du civisme de chacun…

L’ensemble des mesures annoncées par les banquiers centraux et les gouvernements (plan de relance de 800 milliards de dollars envisagé par la Maison Blanche…) ne semble, pour l’heure, pas satisfaire les marchés financiers. Pourtant, la riposte organisée se met en place pour soutenir une économie qui va tourner au ralenti. Du coté des banques centrales, la Fed a sorti ce week-end le bazooka avec une nouvelle baisse de 100bps de ses taux (soit -150 bps depuis début mars), qui se situent désormais entre 0% et 0.25% et qui resteront proches de zéro aussi longtemps que nécessaire. Elle a par ailleurs annoncé l’achat de 500 milliards de dollars de bons du Trésor et de 200 milliards de dollars de titres hypothécaires qui viennent s’ajouter aux 1 500 milliards de dollars injectés en liquidités dans le marché du repo pour soutenir la liquidité du marché en fin de semaine dernière. A côté, la BCE fait pâle figure. Il faut dire que les marges de manœuvre, notamment dans la baisse des taux, sont limitées. L’augmentation du QE de 120 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année n’a pas vraiment satisfait les marchés. Marchés qui ont été encore plus chahutés suite au discours de Christine Lagarde qui, de l’avis de beaucoup, a loupé son épreuve du feu et a même accéléré la baisse en annonçant que la BCE n’était pas là « pour resserrer les spreads » entre l’Italie et les pays « core » et en appelant une nouvelle fois les Etats à accroître leurs mesures budgétaires, obligeant plusieurs officiels à communiquer pour rassurer sur le soutien et les marges de manœuvre de la BCE.

Nous continuons de penser que les mesures coordonnées prises, bien que mal perçues par le marchés, sont primordiales pour assurer la liquidité des entreprises, le soutien de l’économie et le rebond futur des marchés financiers. Cependant, pour le moment, seul le développement de l’épidémie compte, entraînant des comportements de marchés et des valorisations irrationnels avec une liquidité quasi inexistante. Nous préférons donc rester prudents dans notre positionnement devant la force du momentum baissier.