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Où s’arrêteront les marchés ?

Après une année 2018 plus que morose, les marchés financiers ont rattrapé en deux mois une bonne partie des déceptions de l’année passée et affichent, à fin février, les performances escomptées par le consensus pour l’ensemble de l’année 2019. Les indices actions progressent pour la plupart d’environ 10% (Euro Stoxx 50 +9.89%, CAC 40 +10.78% et S&P 500 +11.08%). Le marché obligataire n’est pas en reste, le High Yield euro affiche une solide performance de 3.80% pour un taux de portage se maintenant au-dessus des 4%, avec des taux toujours aussi bas…

Parmi les facteurs de rassérènement, les incertitudes politiques, qui avaient précipité la chute des marchés en 2018, sont peu à peu en train de se réduire. Au sujet de la guerre commerciale, après les bonnes nouvelles de la semaine dernière, le Wall Street Journal annonce qu’un accord serait proche et qu’une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping pourrait avoir lieu vers le 27 mars. La Chine aurait ainsi accepté le lever les restrictions sur certains produits américains et de revoir sa politique en matière de participation étrangère dans les entreprises chinoises. En contrepartie, les États-Unis pourraient revenir sur l’augmentation des droits de douane appliquée au cours des derniers mois. L’enjeu pour l’Empire du milieu est d’éviter un ralentissement trop brutal de sa croissance. On voit bien que les mesures de soutien de son économie prises par Pékin peinent à porter leurs fruits (l’indice PMI manufacturier est ressorti au plus bas depuis 3 ans à 45.2).

En Europe également, le risque d’un hard Brexit est en train de se réduire, Theresa May ayant enfin modifié sa stratégie en laissant au parlement la possibilité de reporter la date de sortie si sa proposition de nouvel accord échoue. Même si la suite demeure incertaine et nécessitera l’approbation de l’Europe qui garde le dernier mot, une sortie désordonnée pour la fin du mois semble écartée.

Autre facteur d’apaisement pour les marchés, le ralentissement en douceur de l’économie américaine après la stabilisation des chiffres européens la semaine passée. La croissance américaine, en rythme annuel pour le quatrième trimestre, est ainsi ressortie au-dessus des attentes à 2.6% (contre 2.3% attendue) et ce, malgré le shutdown et le ralentissement de la demande mondiale. La consommation, que l’on attendait décevante après la publication des ventes aux détails de décembre, est restée dynamique grâce à l’accélération des salaires (+5.7% en rythme annuel pour le revenu disponible brut des ménages) et une inflation qui reste mesurée due au recul des cours du pétrole. La croissance du PIB américain devrait donc poursuivre à un rythme solide en 2019 et battre ainsi le record des dix années d’expansion (en juin 2019) de mars 1991 à      mars 2001.

Les chiffres d’inflation qui peinent à accélérer, aux Etats-Unis comme en Europe, devraient servir d’éléments aux banques centrales pour justifier leur attentisme vers une normalisation de leur politique monétaire. La FED a d’ailleurs clairement mentionné l’absence de pressions inflationnistes comme un des facteurs ayant incité sa pause dans la remonté des taux.