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Qui arrêtera M. Trump ?

C’est une semaine un peu étrange à laquelle nous avons assisté sur les marchés. Les marchés actions ont poursuivi leur glissade (Euro Stoxx 50 -2.93%) alors que, dans le même temps, les traditionnels indicateurs de risque sont restés étonnamment calmes, le V2X (volatilité sur l’Euro Stoxx 50) est resté quasiment stable et les taux allemands ont même progressé de 6 bps sur la semaine.

Cette nouvelle baisse des marchés actions, sans faire un bruit, a quelque chose de glaçant. Toujours préoccupés par l’escalade du conflit commercial voulue par Donald Trump, les marchés actions européens ont suivi la tendance imprimée par les marchés émergents (MSCI émergent -3.12%) qui continuent à accuser le coup des menaces sur la Chine et de la force du dollar. L’économie européenne étant considérée comme davantage liée aux économies émergentes que l’économie américaine, la faiblesse des marchés émergents se propage, par contagion, à nos marchés.

L’euro Stoxx 50 est ainsi revenu sur les points bas de l’année autour de 3300, ce qui représente une baisse de 6% depuis le 1er janvier. Pourtant les perspectives de résultats des entreprises européennes sont toujours favorables (hausse attendue de 7% sur 2018 et de 10% en 2019). Le niveau de valorisation est correct, autour de 13 fois les bénéfices 2018.

Seulement voilà, la menace Trump plane en permanence sur les marchés actions non américains. La crainte de voir Donald Trump annoncer la mise en place de nouveaux droits de douane sur les marchandises chinoises terrifie les investisseurs qui s’accrochent désormais à deux espoirs. Le premier est  que les démocrates remportent la majorité à la Chambre des Représentants lors de l’élection du 06 novembre ce qui affaiblirait le président américain. Mauvais calcul selon Steve Bannon dans le « Wall Street Journal » qui considère que Donald Trump « sera aussi intraitable quel que soit le résultat ».

Le second espoir, plus crédible peut-être, consiste à espérer que la pression des entreprises américaines finira par porter ses fruits à l’image de l’initiative d’Apple, qui a détaillé, dans un courrier au département du Commerce américain, les conséquences pour ses produits de nouvelles taxes sur la Chine.

Dans ce climat étouffant, la bonne nouvelle qu’a constitué le retour dans le rang de l’orthodoxie budgétaire de Matteo Salvini est passée relativement inaperçue. Rompant avec les mouvements de menton de ses premières déclarations, l’homme fort du gouvernement italien a déclaré que le gouvernement respecterait « toutes les règles, toutes les contraintes et tous les engagements pris ». Machine arrière donc pour celui qui annonçait, le 22 février dernier, vouloir réécrire les traités. Dans le climat actuel, on ne va pas s’en plaindre.