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Taux : le retour de la hausse inquiète les marchés

Pas de temps mort pour les investisseurs en 2018. Les sujets d’inquiétudes semblent s’enchaîner inlassablement depuis presque un an. Après la guerre commerciale, la crise de plusieurs pays émergents, le budget italien, c’est le retour de la hausse des taux longs américains qui a inquiété les marchés la semaine dernière. Les marchés européens ayant pris la mauvaise habitude d’amplifier les baisses américaines, l’Euro Stoxx 50 a rechuté de -1.58% contre -0.97% pour le S&P 500.

La hausse des taux longs américains (+17 bps à 3,23%) au niveau le plus élevé depuis 2011 rappelle le mouvement du début de l’année qui avait déclenché la première phase de correction de 2018 (-10% sur le S&P 500 début février).

Pourquoi une telle accélération des taux longs américains ? Alors que, depuis de nombreuses semaines, les investisseurs s’inquiètent du risque de possible inversion de la courbe des taux américaine, préalable, selon certains, à une récession à venir, les dernières publications économiques (ISM des services à 61.6 au plus haut historique, taux de chômage à 3.7% à son plus bas niveau depuis 1969) ont surpris les marchés. La déclaration de Jerome Powell, la semaine dernière, indiquant la possibilité pour la FED de poursuivre le resserrement monétaire au-delà du niveau considéré comme neutre a fini de prendre les investisseurs à contrepieds et les a forcés à réévaluer le rythme et le nombre de hausses des taux de la Fed à venir. Nous pensons que les taux longs américains pourraient continuer à progresser légèrement vers 3.50%.

Toutefois, en prenant un peu de recul, cette hausse n’est pas une mauvaise chose car elle témoigne simplement de la vigueur de l’économie américaine avec des agents économiques (ménages et chefs d’entreprises) dont l’optimisme est au diapason.

De l’autre côté de l’Atlantique, en Europe, c’est, au contraire, l’inquiétude qui domine avec la confrontation qui se met progressivement en place entre l’Italie et la Commission européenne. Vendredi soir, Giovanni Tria, le ministre de l’économie italien, a reçu un courrier de Bruxelles indiquant que la hausse des objectifs de déficit de l’Italie est une « source de sérieuse préoccupation ». L’engagement pris par l’Italie, la semaine dernière, sous la contrainte des marchés, de baisser son déficit à partir de 2020 ne semble pas avoir rassuré la Commission européenne. Même si, comme nous l’évoquions, le niveau de déficit de -2.4% n’est pas un enjeu vital en soit, la crispation des discussions autour de ce sujet, témoigne de la faiblesse du système institutionnel de la zone euro et ne peut que détourner les investisseurs internationaux d’investir sur nos marchés.