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Toujours pas d'éclaircie côté macro

Les marchés restent proches de leur point haut de l’année malgré les signes de plus en plus nombreux de ralentissement économique et malgré une nervosité grandissante des investisseurs comme en témoignent les retraits la semaine passée de 22 milliards de dollars pour l’ensemble des fonds actions mondiaux. Dans le détail, les rachats nets ont principalement impacté les Etats-Unis avec des rachats de l’ordre de 16 milliards de dollars pour les actions américaines, ce qui en fait la 9ème semaine de plus grande décollecte de l’histoire. Même si la dynamique de croissance aux Etats-Unis reste largement supérieure à la zone euro (2% contre 1%), les signaux de ralentissement de la consommation, principal levier de la croissance américaine, commencent à crédibiliser l’hypothèse d’un ralentissement économique plus important à venir. Les dépenses de consommation n’ont ainsi progressé que de +0.1% en août contre +0.3% en juillet, alors que dans le même temps les revenus progressaient de +0.4% après +0.1% en juillet. A l’instar du consommateur européen, le consommateur américain donne l’impression de vouloir épargner dans un contexte de faible visibilité dans l’avenir comme l’illustre la baisse limitée mais tout de même manifeste, depuis 6 mois, de l’indicateur des attentes du consommateur américain publié par l’Université du Michigan. Ce phénomène n’est toutefois pas complètement récent puisque le taux d’épargne des ménages américains est passé depuis la crise de 3% de leursrevenus disponibles à plus de 8% aujourd’hui. Dans ce contexte, la publication du rapport sur l’emploi de septembre, ce vendredi, permettra de mesurer une nouvelle fois la réaction du marché du travail américain aux tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis.

Côté zone euro, on fait également triste mine avec des indicateurs d’activité PMI, qui à l’inverse d’illustrer un début de stabilisation, ont, à nouveau, surpris les investisseurs en enfonçant les points bas précédents, notamment au niveau des enquêtes manufacturières qui montrent une poursuite de la contraction en septembre (45.6 contre 47 en août et surtout 41.4 en Allemagne, au plus bas depuis juin 2009). Pire, l’indicateur des nouvelles commandes, sensé être un indicateur avancé de l’indicateur avancé PMI, est en repli à nouveau pour la douzième fois consécutive à 37.9 (plus bas depuis avril 2009). L’indicateur global échappe de peu à la contraction (50.4 contre 51.9 en août), mais laisse envisager une croissance quasi-nulle pour cette fin de trimestre. Devant le ralentissement actuel, Mario Draghi a clairement appelé à la mise en place d’un budget européen dans l’interview qu’il a donnée ce week-end au Financial Times (et disponible sur le site de la BCE https://www.ecb.europa.eu/press/inter/date/2019/html/ecb.in190930~d0a72…). A la veille de quitter le navire BCE (le 31 octobre), Mario Draghi s’inscrit sans ambiguïté en faveur d’un fédéralisme européen sensé parachever l’union monétaire.

Les difficultés économiques ne sont toutefois pas l’apanage de la zone euro. Le Japon, qui se démène depuis 25 ans pour sortir de la déflation, va relever de 2 points sa TVA demain, mardi 1er octobre pour la porter à 10%. Dans un contexte de croissance faible (+1.3% en rythme annuel au deuxième trimestre) et de consommation en berne (+0.5% en moyenne), cette hausse justifiée pour des considérations budgétaires (la dette publique représente 250% du PIB) risque d’affaiblir encore l’économie de l’archipel comme lors de la dernière hausse de la TVA en 2014.