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Toujours plus bas

Rien ne semble pouvoir mettre un terme à la déprime généralisée des marchés financiers qui s’est accélérée tout au long du second semestre 2018. Les prétextes s’enchaînent pour expliquer ces baisses sans pour autant convaincre véritablement. Ainsi, la semaine dernière, la mini inversion de la courbe des taux américains sur une portion très réduite de la courbe (taux 3 ans à 2.76% contre taux 5 ans à 2.75%) a servi de prétexte au sell-off sur les marchés américains qui s’est ensuite poursuivi en Europe et en Asie. Même si la pente de la courbe des taux contient de l’information économique, son pouvoir prédictif n’est pas infaillible, d’autant plus, quand l’inversion dont on parle, ne concerne que 4% seulement de la courbe US. Mais d’une certaine façon cela importe peu. Le sentiment général des investisseurs est actuellement et de manière évidente tellement dégradé que n’importe quelle information, aussi biaisée soit-elle, est utilisée pour justifier la morosité, quitte à ignorer toutes les autres informations.

Cette spirale négative dans laquelle semble être enfermés les marchés ne s’explique pas uniquement par les inquiétudes politiques BIC (Brexit – Italie – Commerce) mais par un mal plus profond. La poursuite du cycle de croissance économique américain, le second plus long de l’histoire après le cycle 1991 – 2001, semble être remise en cause par les investisseurs. Les doutes sur la pérennité d’un cycle de croissance aussi long ne sont pas nouveau, mais prennent de plus en plus corps au fur et à mesure que le temps passe et que la probabilité de ralentissement économique augmente. Ainsi, le grand jeu est actuellement de pouvoir déceler au sein, des publications économiques, pourtant flatteuses, les germes du ralentissement pronostiqué à venir. Ce jeu n’est pas nouveau. Déjà l’année dernière, certains pensaient interpréter le ralentissement des ventes de voitures neuves aux Etats-Unis comme un signe précurseur. Ensuite, cette année, c’est le ralentissement de la hausse des prix immobiliers (+5.5% en rythme annuel en septembre) qui a été pointé du doigt. Depuis vendredi, c’est le marché de l’emploi américain qui est remis en question. Le rapport sur l’emploi de novembre est pourtant positif avec un taux de chômage de 3.7%, chiffre le plus bas depuis 1969. Pourtant, les observateurs se sont inquiétés de la hausse (de 7.4% à 7.6%) du taux de chômage élargi U6 (chômage + salariés à temps partiel).

Un peu à l’image du Général de Gaulle qui, répondant en 1965 à une question sur sa santé, ironisait « Je ne vais pas mal, mais rassurez-vous, un jour je ne manquerai pas de mourir », l’économie américaine finira bien par ralentir, toute la question étant de savoir si ce ralentissement est pour bientôt et surtout s’il sera important ou non. Pour notre part, nous pensons que 2019 devrait être une année de ralentissement modéré pour l’économie américaine sous l’effet principalement d’un policy mix (politique budgétaire et politique monétaire) moins accommodant. Toutefois, la dynamique sur l’emploi et les salaires devrait permettre à la consommation de demeurer un soutien pour l’économie.