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Un coup d’épée dans l’eau

Ça y est ! Après presque deux ans de guerre commerciale, les Etats-Unis et la Chine ont (enfin) signé la première phase de leur accord commercial. Soyons clair, il s’agit avant tout d’une trêve que de la fin des hostilités même si cet accord permet de mettre fin à l’escalade des tensions entre les deux pays. Alors que le procès en destitution de Donald Trump s’est officiellement ouvert jeudi, cet accord qui « n’aurait pas été possible sans le leadership fort du président », (dixit Robert Lighthizer, le représentant américain au commerce) est une victoire politique pour le président américain en vue de sa réélection.

Dans les grandes lignes, la Chine s’engage à accroître ses achats de produits américains de 200 milliards de dollars supplémentaires sur deux ans répartis sur les produits agricoles, l’énergie, les produits manufacturiers et les services. Ces achats promis seront néanmoins fondés sur des considérations commerciales et sur la situation des marchés. Compte tenu du ralentissement chinois en cours, on est en droit de se demander de la capacité de la Chine à respecter ses engagements d’autant plus dans des secteurs plus durement touchés comme l’automobile ou l’aéronautique et des potentiels effets de substitution. Bruxelles l’a d’ailleurs bien compris en annonçant vouloir saisir l’OMC en cas de distorsions commerciales contraires aux intérêts de l’Union Européenne. L’accord prévoit par ailleurs des orientations assez générales sur la protection de la propriété intellectuelle, les transferts de technologies forcés, l’ouverture du marché chinois aux services financiers et les mécanismes de règlement des litiges. En face, les Etats-Unis annulent les taxes initialement prévues en décembre (portant sur 160 milliards de biens de consommation) et réduisent par ailleurs de 15% à 7.5% les taxes mises en place en septembre.

Cet accord est clairement un accord a minima. Pour la Chine, les concessions sont assez légères et la plupart étaient déjà en préparation avant la guerre commerciale. Par ailleurs le sujet des subventions aux entreprises, au cœur du modèle chinois, n’a pas été abordé. Cela permet néanmoins au gouvernement chinois de gagner un peu de répit dans une économie en proie au ralentissement économique et aux tensions sociales (Hong Kong). Du côté américain, plus de 370 milliards de dollars de produits chinois restent encore frappés par des droits de douane (19% en moyenne contre 3% fin 2017). L’impact sur le potentiel de croissance US est donc assez limité mais, après la crise iranienne, cela permet à Donald Trump d’apparaître comme renforcé auprès de son électorat. Donald Trump, en bon négociateur, a d’ailleurs bien compris qu’il devait garder « des cartes en mains pour négocier » un accord de « phase 2 » plus large, qui s’annonce encore plus long et jalonné de différentes sous-phases.