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Un entre-deux qui satisfait tout le monde

On l’attendait et c’est arrivé. Le S&P 500 a clôturé la semaine sur son premier record historique de l’année. En terminant la semaine à 2939.88, l’indice américain signe ainsi un nouveau record de clôture depuis le 21 septembre dernier. Les choses vont ainsi définitivement très vite en bourse, où, il n’y a pas si longtemps encore, on prédisait l’enfer aux investisseurs en 2019 sur fond de crainte de récession aux Etats-Unis. Parodiant Charles Perrault, nous serions tentés d’ailleurs d’écrire concernant la récession « Investisseur, Investisseur, ne vois-tu rien venir ? », tellement l’attente de voir se matérialiser le ralentissement économique semble être une obsession pour certains et notamment pour ceux qui prédisent à partir de l’inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis une récession quasi-inéluctable.

A ces derniers, on pourrait avoir envie de répondre en paraphrasant la célèbre phrase du Général de Gaulle de 1965 sur sa santé, « l’économie ne vas pas mal, mais rassurez-vous, un jour elle ne manquera pas de tomber en récession ».

En attendant, la publication vendredi du PIB américain pour le premier trimestre a surpris tout le monde, même les plus optimistes. Publiée en hausse de +3.2% sur le premier trimestre (en annualisée), la croissance dépasse largement le consensus de marché (+2.2%). Là où les investisseurs s’attendaient à un trimestre au ralenti impacté par le « shutdown » (qui n’aura finalement coûté que 0.3 point de croissance, selon les estimations du département du Commerce) et les craintes de guerre commerciale, l’économie américaine affiche sa plus forte croissance au premier trimestre depuis 2010.

Il convient toutefois de ne pas tomber dans l’euphorie. Outre le fait que les chiffres de croissance sont régulièrement revisités, la bonne surprise de cette publication tient surtout aux contributions positives d’éléments conjoncturels comme le commerce extérieur qui a bénéficié d’importations moindres du fait de l’anticipation par les entreprises, en fin d’année dernière, de la mise en place des taxes Trump sur les exportations chinoises. Ainsi, le commerce extérieur a contribué à hauteur de 1.2 point à la croissance du premier trimestre, un des chiffres les plus élevés de ces dernières années. La reconstitution des stocks a également contribué à la croissance du trimestre pour 0.7 point. Or, cela signifie que la production augmente plus vite que les ventes et que les entreprises peuvent être conduites à ralentir leur production dans les prochains mois.

On constate ainsi que, sans ces facteurs conjoncturels, la croissance américaine aurait certainement été légèrement supérieure à 1% en ce début d’année. Ni trop favorables, ni trop mauvaises, les données économiques publiées cette année montrent une économie américaine entre deux eaux qui ballote entre l’incertitude liée aux craintes de guerre commerciale et la vigueur d’une consommation interne toujours soutenue par un taux de chômage faible.

Cet entre-deux explique l’attentisme désormais assumé de la FED qui, de surcroît, doit gérer la pression de chaque instant mise par Donald Trump qui cherche à influencer l’institution en mettant ainsi à mal son indépendance.