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Un peu de répit

Après une chute en ligne droite depuis début octobre, les marchés se sont offert un répit la semaine dernière, en apparence tout au moins. La légère progression de l’Euro Stoxx 50 (+0.51%) masque, en effet, la nervosité des investisseurs sur deux sujets, le budget italien et la baisse de la croissance en Chine.

Concernant l’Italie, tout d’abord, le spread italien (écart entre le taux 10 ans de l’obligation italienne et son équivalent allemand) a poursuivi son écartement sur fond de conflit avec Bruxelles et dans l’attente des décisions des agences de notation Moody’s et S&P. La décision de Moody’s, vendredi soir, de dégrader la notation de l’Italie à Baa3 (Baa2 précédemment), tout en laissant la perspective de la note stable, est un moindre mal et permet au spread italien de poursuivre, ce matin, son resserrement entamé vendredi. La problématique italienne est pour autant loin d’être solutionnée. Le conflit entre la Commission européenne, qui joue sa crédibilité, et le gouvernement italien, dont les dissensions internes sont de moins en moins masquées, va continuer à alimenter l’actualité financière jusqu’à ce qu’in fine un des deux camps fasse machine arrière. Le juge de paix de ce conflit sera à l’évidence le spread italien que le ministre italien de l’économie, Giovanni Tria, a déjà institué comme arbitre en annonçant que, si le spread devait progresser jusqu’à 400 bps, le gouvernement italien serait forcé de revoir sa copie budgétaire.

L’autre sujet de préoccupation des investisseurs est la baisse de la croissance en Chine et la chute continue de la bourse chinoise qui rappellent l’alerte de 2015, marquée par une baisse brutale des actions chinoises, nourrie par la baisse du yuan et par les incertitudes sur la croissance. De croissance, il en a donc été question la semaine dernière, avec l’annonce d’une progression du PIB de 6.5% au 3ème trimestre 2018, son rythme le plus lent depuis le premier trimestre 2009. Au-delà de cette publication, l’inquiétude porte sur le fait que ce ralentissement s’opère alors même que les conséquences des mesures douanières décidées par les Etats-Unis ne sont pas encore visibles (les exportations chinoises ont accéléré en septembre à +14.5%), laissant craindre un ralentissement plus fort en 2019. Conscients de ce risque, les officiels chinois ont fait feu de tout bois en fin de semaine dernière pour rassurer les investisseurs et promettre des mesures pour relancer le crédit bancaire ainsi que des mesures fiscales à destination des ménages. La bourse chinoise, qui avait perdu 24% depuis le début de l’année, a poursuivi, lundi matin, sa remontée en progression de +4,32%.