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Une hausse en trompe l'œil ?

A quelques heures de la fin d’année, l’heure du bilan approche et c’est peu dire que cette année 2019 en aura surpris plus d’un ! Les stratégistes – les plus optimistes – qui voyaient une hausse à deux chiffres des marchés se comptent en effet sur les doigts d’une main.

La grande majorité des marchés financiers finira en effet cette année sur des performances records, obligations d’états sans risques incluses. Pourtant les principales causes qui avaient envoyé les marchés dans le rouge en 2018 n’ont pas foncièrement disparu. Même si un accord entre la Chine et les Etats-Unis n’a jamais été aussi proche, il s’agit d’un accord a minima qui ne règle, pour l’heure, pas le fond du problème. Les droits de douane imposés par les Etats-Unis sont en partie toujours présents et les tensions commerciales demeurent. La situation est un peu identique sur le Brexit, le pire ayant été évité et le scénario du « Soft » Brexit ne faisant plus que peu de doute, mais le flou est encore total sur les futures relations économiques qu’auront l’Union Européenne et le Royaume-Uni et les négociations risquent d’être tendues. Enfin, les poussées populistes, risques géopolitiques et soulèvements populaires (Hong Kong, Chili...) se sont renforcés au cours de l’année.

Ces incertitudes ont continué de peser sur les agents économiques, empêchant tout rebond des indicateurs économiques qui ont continué de se dégrader tout au long de l’année (même si l’économie mondiale montre des signes de stabilisation). Il est donc intéressant d’observer des indices boursiers battre record sur record avec une croissance mondiale au plus bas depuis la crise financière de 2009. Intéressant également de voir les indices américains (S&P 500) et chinois (CSI 300, indice d’actions « A » chinoises) caracoler en tête des meilleures performances dans le contexte de tensions commerciales entre les deux pays. Quand les Etats-Unis éternuent, le reste du monde s’enrhume…

Ce rebond des marchés s’explique avant tout par le demi-tour magistral de Jérôme Powell en fin d’année 2018. En moins de temps qu’il ne faut pour twitter, la FED est passée d’une phase de resserrement à une phase d’assouplissement monétaire. Ce regain de politiques monétaires accommodantes au niveau mondial, couplé à l’espoir d’un accord sur le commerce mondial, a permis aux marchés de croire au scénario d’une reprise cyclique à court terme.

Il faut cependant garder à l’esprit qu’une grande majorité des gérants, pessimistes pour cette année, étaient et restent sous-investis. La hausse des marchés a déclenché des achats par contrainte plus que par conviction pour ne pas se laisser distancer (FOMO : Fear of Missing Out). Ce phénomène, auto-entretenu, a entraîné de grandes disparités entre la performance des actions Growth et Value tirant en partie artificiellement les marchés à la hausse.