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Une rentrée sous tension

La tension n’est pas vraiment retombée pendant cet été. Les investisseurs ont continué à vivre au rythme des soubresauts de la guerre commerciale initiée par les Etats-Unis. Alternant entre espoirs et craintes, c’est finalement l’inquiétude qui domine en cette rentrée avec la perspective de voir, dès cette semaine, les Etats-Unis imposer de nouveaux droits de douane à hauteur de 25% sur 200 milliards d’importations américaines en provenance de Chine. Le pire n’est jamais certain, mais il est probable que Donald Trump en fragilité dans les sondages et affaibli par les poursuites judiciaires impliquant son entourage soit incité à poursuivre sa stratégie d’affrontement commercial qui lui est favorable pour le moment.

Sur les marchés, la tendance à la surperformance des actifs américains s’est donc poursuivie pendant l’été. La rhétorique agressive du résident de la maison Blanche ayant pour principal effet d’inciter les investisseurs à la prudence en les conduisant à favoriser les actifs américains au détriment des actifs étrangers considérés à risque. Cette situation d’hégémonie des Etats-Unis qui permet à Donald Trump d’imposer son rapport de force sur tous les sujets n’est pas nouveau dans l’histoire. Cependant là où jusqu’à présent l’administration américaine se contentait d’utiliser son « soft power » pour peser dans les négociations, c’est désormais sans nuance que la puissance américaine s’étale pour faire accepter ses décisions. Et dans ces circonstances, gare aux faibles, comme l’a expérimenté la Turquie au mois d’août, qui s’est engagée inutilement dans un bras de fer sans issu avec les Etats-Unis.

Ce repli des investisseurs sur les actifs américains conduit les actions américaines à présenter une surcote de valorisation par rapport aux actions internationales à un niveau record depuis 2008, d’environ 4 points de PER. Pourtant l’été a permis aux investisseurs de se rassurer sur la conjoncture économique internationale après un premier semestre inquiétant. En zone euro, notamment, les différentes enquêtes d’activité plaident pour une stabilisation de la croissance sur ce troisième trimestre autour de +2% en rythme annualisé. En Chine, le ralentissement se poursuit mais à un rythme largement sous contrôle et surtout les autorités semblent vouloir anticiper les conséquences négatives d’une guerre commerciale avec les Etats-Unis par de nouvelles mesures comme l’augmentation des dépenses d’infrastructures.

En cette rentrée, nous considérons que la différence d’évolution entre Wall Street et les autres marchés est exagérée d’un point de vue fondamental mais s’explique en très grande partie par les rodomontades de l’administration Trump. Cette situation risque malheureusement de perdurer au moins jusqu’aux élections de novembre qui pourraient donner le signal d’un retour en grâce des actions internationales. Jusque-là nous préférons jouer la prudence sur l’évolution des indices à court terme.